Pourquoi mon chien explose en laisse face aux chiens et aux humains ?
- samanthamaquin
- il y a 4 jours
- 5 min de lecture
Réactivité, peur, frustration : comprendre ce qui se passe vraiment

Votre chien se transforme en bout de laisse lorsqu’il croise un autre chien ou un humain.
Il tire, aboie, grogne, se fige ou explose soudainement, comme s’il n’était plus connecté à vous.
À ce moment-là, vous essayez de lui parler, de lui demander de s’asseoir, de revenir, de se calmer…
mais votre chien n’entend plus rien.
Les balades deviennent alors source de stress, d’anticipation permanente, voire d’énervement, parce que vous ne comprenez pas ce qui se passe ni pourquoi il est incapable de répondre à vos demandes.
Ce que vous pensez aujourd’hui (et pourquoi ce n’est pas si simple)
Face à ce type de comportement, beaucoup de propriétaires finissent par penser que leur chien est têtu, dominant, qu’il n’écoute rien et qu’il n’en fait qu’à sa tête.
Quand les demandes n’aboutissent à rien et que les balades deviennent compliquées, l’idée qui revient souvent est qu’avec ce genre de chien, il faut être dur, parce que « autrement ça ne fonctionne pas », et que les approches plus bienveillantes seraient inefficaces.
Cette manière de voir les choses est compréhensible quand on se sent dépassé…
mais elle repose sur une mauvaise interprétation de ce que vit réellement le chien à ce moment-là.
Pourquoi votre chien réagit de cette manière
On parle souvent de chien réactif, mais beaucoup de propriétaires vivent ces situations sans savoir comment les nommer.
Un chien qui réagit de façon excessive face à un congénère, un humain ou tout autre élément de son environnement est ce que l’on appelle un chien réactif.
La réactivité ne concerne donc pas uniquement les chiens ou les humains : elle peut aussi viser des vélos, des joggeurs, des voitures, des bruits ou des mouvements.
Le terme « réactif » ne décrit pas un caractère, mais une réponse émotionnelle intense et rapide face à un déclencheur précis.
Dans de nombreux cas, cette réactivité est liée à de la peur.
Mais elle peut aussi être liée à de la frustration, notamment chez des chiens régulièrement empêchés d’aller vers ce qui les attire, comme leurs congénères. À force d’être retenu ou contraint, le chien accumule une tension émotionnelle qui finit par exploser.
Comprendre les zones émotionnelles
Pour mieux comprendre ce qui se passe, il est utile de parler de seuil de tolérance émotionnelle.
Un chien évolue en permanence dans différentes zones :
• une zone verte, où il est calme, disponible et capable d’apprendre ;
• une zone orange, où l’émotion commence à monter mais reste encore gérable ;
• une zone rouge, où l’émotion devient trop intense.
Lorsque le chien explose, c’est qu’il a dépassé son seuil de tolérance et qu’il est passé en zone rouge.
À ce moment-là, il n’est plus en capacité d’écouter, de réfléchir ou de répondre aux demandes de son humain. Ce n’est ni un choix, ni de la mauvaise volonté, mais une réaction émotionnelle incontrôlable.
⚠️ Attention à ne pas tout confondre
Tous les comportements intenses ne relèvent pas forcément de la réactivité.
Par exemple, un chien qui poursuit des joggeurs ou des vélos peut exprimer un patron moteur de poursuite, et non une réaction émotionnelle liée à la peur ou à la frustration.
Le mécanisme est alors différent, et la prise en charge aussi.
Ce que vous pouvez commencer à mettre en place
Comprendre que la zone rouge est trop tardive
Lorsque votre chien est en zone rouge, il est déjà trop tard pour travailler.
Le stress a pris le dessus : votre chien n’est plus en capacité d’écouter, de réfléchir ou d’agir sereinement.
Dans ces conditions, s’énerver, crier, tirer sur la laisse ou ordonner à son chien de s’asseoir ne sert à rien.
Votre chien ne vous entend tout simplement plus.
Travailler en zone orange
Le travail avec un chien réactif se fait en zone orange, jamais en zone rouge.
• En zone verte, le chien est calme : il n’y a rien à travailler.
• En zone orange, le chien devient plus vigilant. Il peut se figer, fixer, ralentir, se tendre, parfois aboyer légèrement.
C’est là que le travail est possible.
L’enjeu est d’identifier à quelle distance du déclencheur votre chien commence à réagir, afin de travailler juste avant que l’émotion ne déborde.
Si les premiers signaux apparaissent à 15 mètres, alors le travail doit se faire à 15 mètres, pas plus près.
Chercher à se rapprocher trop vite ferait basculer le chien en zone rouge… et empêcherait tout apprentissage.
Laisser une place à l’auto-contrôle
En zone orange, l’objectif n’est pas de contrôler le chien en permanence, mais de lui laisser la possibilité de gérer ses émotions.
Une laisse détendue, la possibilité d’observer, et l’absence de pression sont essentielles.
Si votre chien regarde sans exploser, détourne le regard ou reste simplement en observation, c’est exactement le comportement attendu.
Ces moments doivent être fortement renforcés (voix calme, friandises, jeu, interaction positive).
Se gérer émotionnellement
C’est souvent la partie la plus difficile.
Nos émotions passent très fortement par la laisse, mais aussi par notre posture, notre respiration et notre attitude générale.
Un humain stressé, tendu ou en alerte permanente transmet cette tension à son chien.
Il est donc important d’anticiper l’environnement sans tomber dans l’hypervigilance, afin de ne pas maintenir le chien dans un état d’alerte constant.
Quand la zone rouge arrive malgré tout
Malgré l’anticipation, certaines situations sont inévitables.
Lorsque la zone rouge est atteinte, il faut accepter qu’on ne travaille plus.
La priorité devient la sécurité : tenir son chien, se mettre sur le bas-côté si possible, laisser passer le déclencheur.
Il faut aussi accepter le regard des autres et parfois leurs remarques.
Punir, tirer sur la laisse, crier ou frapper ne ferait qu’ajouter du stress à une situation déjà trop intense.
À propos des agressions redirigées
Dans des états de stress très élevés, certains chiens peuvent chercher à décharger une tension devenue insupportable.
Ils peuvent alors attraper ce qui se trouve à proximité : la laisse, un vêtement, parfois la main ou la cuisse du propriétaire. On parle alors d’agression redirigée.
Ce comportement ne traduit ni de la méchanceté, ni une dangerosité intentionnelle.
Il s’agit d’une réaction émotionnelle, pas d’une intention dirigée.
La solution reste la même : augmenter la distance avec le déclencheur, afin de repasser en zone orange et retrouver un état émotionnel compatible avec le travail.
Ajouter de la sécurité et du positif
En zone orange, il est possible de modifier progressivement le ressenti du chien face au déclencheur.
Pendant que le chien observe ce qui le stresse, vous pouvez lui proposer quelque chose de positif : jeu, friandises, interaction agréable.
Il est également utile d’introduire un indicateur verbal de sécurité, simple et neutre, comme par exemple :
« c’est OK ».
S’il détourne le regard ou relâche la tension après cet indicateur, ce comportement doit être fortement renforcé.
Ce sont ces micro-expériences positives répétées qui permettent progressivement de modifier l’association émotionnelle du chien face au déclencheur.
Il n’existe pas de solution unique
Il n’existe pas une seule raison pour laquelle un chien devient réactif, et donc pas de solution universelle.
Deux chiens peuvent présenter des comportements similaires tout en réagissant pour des raisons complètement différentes : peur, frustration, expériences passées, environnement, apprentissages… ou une combinaison de plusieurs facteurs.
Chaque chien est un individu avec son histoire, ses émotions et ses besoins.
Sans comprendre la cause précise de la réactivité, on risque de multiplier les tentatives sans résultat durable.
Besoin d’un accompagnement personnalisé ?
Si vous vous reconnaissez dans ces situations, un accompagnement individualisé peut vous aider à comprendre la cause précise de la réactivité de votre chien et à retrouver des balades plus apaisées.
Je suis Samantha, fondatrice de Sampathie,
éducatrice comportementaliste canine certifiée, formée par le Dr Sylvia Masson,
diplômée en psychiatrie vétérinaire ainsi qu’en médecine du comportement (ECAWBM).
J’accompagne les binômes humains / chiens à domicile afin de comprendre les difficultés rencontrées et d’améliorer durablement le quotidien de chacun.
📍 Marignane et alentours
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